Ils témoignent //

Lost in transition ?

Le 25/08/2016

 

 Par Gilles Berhault, fondateur de l’Association communication et information pour le développement durable (ACIDD), ancien président du Comité 21 (2010 – 2016)

 

Longtemps chacun a considéré que sa vie se passait dans un foyer, sur un lieu de travail et dans quelques espaces sociaux (écoles, hôpitaux, commerces, églises, espaces de sports et de loisirs...).

Tout semblait structuré et organisé, les évolutions se faisaient au rythme des changements de génération. On se « déplaçait » d’un lieu fonctionnel à un autre, aspirant quand même à voyager le plus possible… On rêvait à un futur meilleur, encouragé par les romans d’anticipation, les revues scientifique et les expositions universelles.

 

Quatre révolutions complémentaires ont tout bousculé en moins de 20 ans :


 

- l’accélération du temps - génératrice d’instabilité, de perte de repères, de distanciation par rapport à la nature – à laquelle le développement durable apporte une part de la réponse


 

- le développement des technologies numériques qui permet une présence sociale et professionnelle tout étant en mobilité ou en immobilité choisie : travailler, communiquer, s’informer, se former... Cela se traduit notamment par une nouvelle logique de flux, le renforcement des capacités, et l’émergence de nouvelles possibilités collaboratives comme le crowdsourcing.


 

- la transformation culturelle de la relation aux autres, dans une approche plus ouverte et participative, avec l’explosion des hiérarchies et codes sociaux. La notion même de territorialisation est bousculée, de nouvelles communautés apparaissent…

 

- La transformation des modes de vie et de travail… Une part importante de la société est devenue nomade. Sans revenir aux codes sociaux et sociétaux des Huns et autres tribus ethniques, une nouvelle société est en train de se construire, avec des codes... et surtout un système d’information différents. Cette nouvelle cette société se vit « dans » l’internet : c’est une société de communications.

C’est ainsi l’internet qui structure désormais la ville et son système de représentation physique. Le nomadisme est un état parfois de quelques heures par jour seulement ou qui peut se prolonger sur des durées beaucoup plus longues, comme pour ces générations TGV, celles de femmes et d’hommes qui sont en mobilités pour préserver les conditions de vie des enfants à la campagne ou à la recherche d’une nouvelle forme d’indépendance dans le couple.

 

Nous devons comprendre pour agir… ou plus précisément faire les deux en même temps. Pour cela, il s’agit bien de se centrer sur les interactions entre quatre dimensions - l’espace, le temps, l’information et l’énergie - pour comprendre, anticiper, répondre à la recherche de valeurs communes et définir les besoins de services et d’outils nouveaux.

 

C’est à cela qu’engage l’Association communication et information pour le développement durable  (ACIDD), trouver les passerelles qualitatives vers ce que certains appellent « le monde d’après ».